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Résidence Yann Lestrat - L'Atelier de la Gare - Locminé - 2012/2013

http://www.yannlestrat.com/

L'artiste plasticien Yann Lestrat consacre le temps de sa résidence à un arpentage aléatoire, intuitif et sensible du territoire de la commune et de ses alentours, attentif aux "pépites d'étrangeté" qui jalonnent le territoire et en révèlent l'intimité.

Comme une errance, de sourires en coin en ombres portées, d’un écho à l’autre, d’un noeud d’inquiétude dans le paysage à un ailleurs de peinture, une trouée vers une lumière d’outre-Atlantique, apaisante, mélancolique, euphorisante.

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RESIDENCE YANN LESTRAT –  L ATELIER DE LA GARE –  2012/2013

Livre d'artiste en cours, restitution de résidence, recherche de partenaire pour une exposition.

Note d’étape 1

Durant cette première partie de résidence, à cheval sur décembre et janvier, j'ai parcouru la ville de Locminé et ses environs immédiats en une période pendant laquelle la lumière fût rare. Les décorations lumineuses mises en place pour les fêtes de fin d'année ne m'en sont alors apparues que

plus attirantes, un sentiment renforcé par la solitude qui les entourait, passé une certaine heure le soir, dans les rues silencieuses de la ville. Ces symétries et circonvolutions graphiques irradiantes surplombant le vide, impassibles sous les éléments, semblaient donner à ces vigies de la fête un caractère doux-amer, comme une plaisanterie éculée, à mi-voix prononcée, à l'envers de son éclat. Ainsi a débuté mon arpentage, essentiellement nocturne d'ailleurs, rythmé ponctuellement par quelques architectures résidentielles des années cinquante-soixante, étrangement atypiques dans ce contexte néo-rural. Quelques rencontres discrètes, imprévues, ont jalonné mes déplacements, me faisant jouer avec l'idée illusoire de passer inaperçu dans le paysage local : rien de plus anodin effectivement qu'un individu errant plusieurs jours de suite affublé d'un appareil et d'un pied photo, de jour comme de nuit, passant et repassant... Les échos cinématographiques n'ont pas manqué de résonner, dans ces déplacements nocturnes, d'entre ces maisons, pavillons ou villas abritant des vies, des repas familiaux, des soirées entre amis, des dîners solitaires, sous les lustres du salon tous feux sortis ou en compagnie du raide plafonnier fluorescent de la cuisine. Quelques images tentées, interrompues par le surgissement de tel ou telle propriétaire, jailli d'on ne sait où - prescience, omniscience, voyance - obligeant au retrait stratégique accéléré ou au dévoilement courtois et diplomatique. Ni sociologue, ni philosophe, ni travailleur social, ni journaliste, ma position est celle d'un observateur subjectif, dont les enregistrements du réel, par le médium photographique, non seulement échoueront à transcrire l'infinie diversité de ce dernier, mais en plus le déformeront, du simple usage du médium lui-même, dont on sait la fausse objectivité. Le printemps à venir aiguise ma curiosité, impatient que je suis de découvrir de quelle manière le manteau de verdure viendra envelopper ou se glisser dans et à travers le maquis des emprises humaines. Côtes de porc géantes, brocolis himalayesques et petits légumes gulliveriens cèderont alors le pas à d'autres représentations, qui nous guideront ou pas vers la saisie d'une identité, qui semble hésitante, comme en équilibre précaire, à la recherche d'un sens.

Note d’étape 2

Printemps pluvieux, printemps heureux...

Passant entre les gouttes, d'accalmies en furtifs ensoleillements, la résidence se poursuit, avec un plaisir dont je ne soupçonnais pas l'intensité. Peut-être est-ce le fait d'avoir réfléchi depuis longtemps à la possibilité de mener un tel travail, ainsi qu'à la façon de le conduire, toujours-est-il que je découvre dans les horizons, les plis, les recoins et les détours de ce territoire les vues et les stimulations que je pensais y trouver. Cette résidence constitue, au sein de mon parcours, à la fois le retour à une pratique directe de la photographie, sans intermédiaires ni collaborateurs, et un apprentissage autant qu'un approfondissement de ce que signifie ce type de projet. Sillonnant le pays de Locminé et ses alentours plus ou moins proches, j'ai pu constater une variété assez importante de paysages et d'ambiances, sur un espace qui n'est encore que peu ou moyennement touché par le phénomène du mitage pavillonnaire. Il en résulte le sentiment du maintien d'un relatif équilibre, qui semble d'ailleurs autant subi que volontaire. Je me suis en tout cas investi dans ce travail avec à la fois le désir de la plus grande disponibilité aux lieux, aux environnements et aux personnes, et la perspective permanente en arrière-plan d'une histoire de la photographie américaine. Ce tropisme a guidé de manière plus ou moins affirmée mes prises de vues : insignifiant électron libre zigzaguant à la recherche d'un "West of life" imaginaire, capturant au passage, de cet au-delà fantasmatique, les traces et les échos apposés sur un réel tout en retenue. J'ai été très sensible aux rencontres et aux échanges fortuits qui ont souvent accompagné les images. Des instants qui me permettaient de diffuser les informations relatives à l'existence et aux  activités de l'Atelier de la Gare, au contexte et au propos de la résidence, explicitant ainsi les motivations de ma présence et de mes actions. Autant d'occasions, surtout, de glaner quelques informations, ressentis et bribes de vies, autour d'un accueil invariablement simple, franc et chaleureux.

 

Je vis ces explorations et cette "presqu'errance" à la fois comme une respiration et comme une suspension du ressenti intime du cours du temps. Les images recueillies à ce jour m'incitent à poursuivre ce travail avec envie et appétit.

 



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