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Née en 1972. Vit et travaille en Bretagne
Devant la prolifération d’images néo artistiques ou pseudo informatives, les
collages de
Laure Missir s’inscrivent bien dans la tradition poétique de rencontres entre images a priori
inconciliables, ils n’ont pas vocation à servir d’anti-slogans, ni même, ou rarement, à
raconter une histoire. L’usage quotidien d’instruments chirurgicaux pour saisir et couper
conforte qui a vu la genèse de ses images dans le sentiment qu’il s’agit plutôt ici d’un lent
travail médical et obsessionnel de réparation d’un monde malade - sans exclure l’humour
noir du savant fou - aux seules fins de créer de l’harmonie.
Elle est l’auteur d’une biographie de Joyce Mansour (Jean-Michel Place, 2005)
et de nombreuses études parues en revues sur le surréalisme et ses alentours.
Elle a publié des recueils de poèmes, Objets méchants (2005) et Lent incendie (2007)
en collaboration avec Marie-France Missir aux éditions Carré d’encre.
Elle a par ailleurs illustré le tirage de tête des Nouvelles rubriques lubriques
pour petites bringues de Joyce Mansour (Les loups sont fâchés, 2006) et La leçon
mélancolie d’Anne-Marie Beeckman (Carré d’encre, 2008). Ses collages ont
été présentés aux côtés d’oeuvres de Jorge Camacho, Le Maréchal, Jacques Lacomblez
aux expositions l’Envers du réel I et II à la galerie Nuit d’encre puis à La Halle Saint-Pierre,
à Paris en 2007.
Voyage en kaléidoscope
Faire dérailler le déjà vu, entrouvrir les volets des possibles, désynchroniser les sensations et proposer un lieu où respirer dans la fragile immobilité retrouvée. Le collage est une fenêtre d’évasion aventureuse. Il récupère les vestiges, parfois juste des éclats des milliers d’images qui nous sont données. Mais il ne se contente pas d’être le constat de ces brides éphémères. Le collage fait naître un certain désordre, léger, sourd ou brutal. Il se présente comme une menace pleine de promesses parfois. Il rassure et dérange. Il s’arme des tranquilles habitudes, des apparences les plus traditionnelles pour les retourner contre elles-mêmes. Perturbation : le courant chaud des papiers colorés rencontre l’air froid d’une figure gravée, l’ortie, la chair d’une toute jeune fille. Nous sommes dans le monde des lentes perturbations. Par de fines déchirures, des écartèlements de motifs, des dissociations abusives, chaque collage tente de capter l’instabilité des images toutes faites pour la ranimer. Le collage tranche dans l’unité rassurante et déploie loin des filets de la logique des hypothèses peut-être contagieuses, des questions dont vous détenez certainement les réponses.
Laure Missir, introduction au catalogue Anatomie du désir, Carré d’encre, 2008.

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