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BARTLEBYTURIQUE

Médicament aux propriétés hypnotiques que les employés de bureau de Wall Street préféreraient ne pas consommer.

(Alain Créhange)

Exposition du 22 septembre au 30 octobre 2011

 

Dans le cadre du partenariat avec l'Ecole Européenne Supérieure d'Art de Bretagne– Site de Lorient, l'Atelier de la Gare, tel un laboratoire expérimental, met à disposition sa structure en offrant aux étudiants l'opportunité de présenter leurs recherches plastiques, de mettre en pratique leur formation, de se confronter à la réalité de leur future profession en investissant un espace atypique au sein des anciens ateliers de la gare de Locminé.

Cette exposition collective présente les travaux de fin de 4ème année de 12 étudiants, ces derniers abordent la 5ème année avec une certaine maturité. Ils doivent tenir compte des contraintes du lieu, intégrer leur démarche personnelle à celle des autres afin d’obtenir une certaine unité dans l'espace qui leur est octroyé.

Cette expérience permet à l'Atelier de la Gare de s’impliquer davantage dans l’accueil de jeunes en formation en les encourageant à éprouver, expérimenter, argumenter leur point de vue, stimuler leur création.

L’enjeu révèle un caractère d’importance, puisqu’il signe l’autonomie de l’étudiant et un envol vers une pratique artistique singulière.

 

Les 12 étudiants : Charlène Auvinet, Soazic Bruneau, Emeline Chanu, Olivia Gras, Laura Hernandez, Nolwenn Guérin, Guillaume Lepoix, Adélaïde Lerouge, Xiangyan Liu, Coralie Moser, Maud Poulain, Emmanuelle Vennel.

 

le titre Bartlebyturique

Bartleby est un personnage d'une nouvelle de Herman Melville.
Une phrase revient systématiquement dans sa bouche :
"I would prefer not to"
un pied de nez, une pirouette, un mot d’esprit bravache qui refuse d’opiner, d’approuver, d’acquiescer, mais en douce, façon clin d’œil, pour désamorcer le conflit avec le monde adulte sans céder un pouce de terrain.
Bartleby est un être à rebours de la production existante …
« je ne préfèrerais ne pas… ».
Sa syntaxe est imparfaite, comme un balbutiement, quelque chose d'inachevé …
Partir de cette réplique, comme un leitmotiv dans nos tentatives encore balbutiantes de créer du sens en observant ce qui nous entoure.
Le Bartlebyturique serait une conjugaison de nos recherches personnelles, un concentré de réponses qui diffèrent, disjonctent, racontent, dialoguent notre rapport au monde.
Mise en garde sur ses effets hallucinogènes ….

blog1 

 

Cheminer sa recherche 

Créer les conditions de l’émergence et de l’épanouissement de la démarche créative de l’étudiant, artiste plasticien, c’est bien l’enjeu d’une école supérieure d’art. 

Expérimenter dans ses pratiques et les remettre en cause, étayer par l’analyse critique, l’acquisition des connaissances théoriques, historiques, sociologiques, philosophiques…  

intensifier sa singularité en produisant du sens, s’offrir la possible renaissance de l’esprit, avoir une démarche créative, donner du plaisir, de l’émotion, vivre !…

Les arts plastiques sont une quête permanente de la sensibilité et de l’expressivité.

Passer du concept à l’esquisse, de la pensée au projet, c’est le début du parcours ;

Ecrire ses intentions, ses intuitions, ses sensibilités et les rédiger dans un mémoire, est l’étape indispensable qui permet le recul, valide les hypothèses et « établi » le cheminement de la pensée.

Réaliser son projet et pouvoir l’exposer avant même de conclure son cursus est l’opportunité d’acquérir une expérience « échelle 1 », in-situ.

Permettre les conditions de la réalisation de l’oeuvre, de l’accrochage, de l’édition, du vernissage…Cette confrontation au réel, à la lecture du public, c’est ce qui est recherché par l’école et l’équipe enseignante et ce qui est « offert » à cette promotion année 4, 2010–2011, avec la complicité et le partenariat de l’équipe de l’atelier de la Gare.

Je souhaite vivement que cette première rencontre initiée par l’école de Lorient soit suivie par plusieurs autres moments, dans le cadre élargi de l’EESAB – Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne qui réunit à présent les écoles d’art de Brest, Lorient, Quimper et Rennes.

Merci aux étudiants de leur implication,

Merci à Josée Theillier, professeur, coordinatrice de ce projet et à l’équipe enseignante, administrative et technique de l’école,

Merci à l’équipe de l’Atelier de la Gare.

Pierre Cochard

Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne

Directeur du site de Lorient

 

blog06 

 

Charlene Auvinet

“ L’oeuvre d’Arbus est en réaction : réaction contre le bon ton, réaction contre ce qui a reçu l’agrément général. C’était sa façon de dire merde à Vogue, merde à la mode, merde à ce qui est joli.  

Susan Sontag  

Je photographie, parce que c’est le meilleur moyen de rendre compte d’une réalitée. Je considère la photographie comme du découpage. Sauf qu’au lieu de trancher du papier, je tranche la réalitée. 

Je capte des univers en photographiant des personnes dans leurs intérieurs. Des lieux un peu particuliers, hors normes qui seraient le reflet de la personne qui l’habite. Ainsi, je réalise des portraits de personnes passionnées, qui sont animées par une envie de produire, de bricoler, d’inventer…J’aime bien les regarder interagir avec leur environnement, s’y retrouver dans leurs bric à brac…Je trouve fascinant de voir tous ces objets divers, cette mise en scène hétéroclite, produits de leurs imaginations. J’aime les écouter parler de leur passion, découvrir que leur langage, leur moyen de communiquer, c’est leur production.  

Quand je vais chez eux, j’ai toujours une pointe d’appréhension et d’excitation à la fois, parce que ce sont des personnes que je ne connais pas forcément, mais dont j’ai entendu parler et qui sont considérées comme des « légendes locales ». Je ne sais jamais vraiment qui je vais rencontrer. Ça me rappelle lorsque j’étais petite et que j’ouvrais une boite de « Polly pocket », je découvrais tout un univers. 

Joseph sur son bicycle à moteur/photographie numérique/40 x 27 cm, 2011

blog charlene

 

Soizic Bruneau

Ce que le paysage du littoral a de fascinant, c’est l’immensité et la profondeur de champ qu’il offre à l’oeil. Peut-être d’ailleurs que plus nous devenons urbains entourés de tours plus notre regard est ému et séduit par cette ouverture.

Masse d’eau inébranlable, puissante. Allégorie du magma de la pensée libre débarrassée des schèmes de représentation, des murs structurant notre quotidien.

« Abstraire » et fuir la civilisation comme le personnage contemplatif de Pessoa dans Ode maritime qui s’abandonne en rêve face à la mer à ses instincts les plus violents et inavouables.

Je conçois cet espace comme un paysage intérieur, un lieu intime de méditation, fermé tel un refuge où l’on se retrouve et se recroqueville. Ce territoire est dépliable, ses arêtes ont « tord », mises en doute par l’image projetée de l’horizon maritime mal placé, dédoublé... La logique est renversée jusque dans la fuite d’eau irrationnelle comme des éclaboussures réelles issues du monde fictif. Si l’on se concentre sur ce miroir de l’eau, l’on pénètre à nouveau dans les vagues de l’imaginaire. Invitation à se laisser absorber par l’immensité en revenant régulièrement sur la rive du monde réel. Tel est le flux et le reflux de la marée.


Fuite d’eau...Installation vidéo / 2011/dimensions variables

blog soazic

 

 

Emeline Chanu

DIPTÈRE adj. et n. (préf. di, deux, et pteron, aile). Qui a deux ailes familièrement, se dit d’une circonstance sur laquelle on passe légèrement. Ne pas s’y tromper, il peut user l’ennemi par de petits combats. En terme militaire : une guerre de détail.

zoom avant, à se coller le nez aux trois mille facettes de son oeil, miroir convexe et vision en kaleidoscope.

Zoom arrière, des centaines de mouches bourdonnent en toute quiétude.

Une mouche pondant en moyenne cent vingt oeufs peut donner naissance à cinq quatrillons d’individus du quinze avril à la fin de septembre.

Les villageois se barricadent dans les maisons comme dans des bunkers.

Elles prennent corps et se répandent comme des idées contagieuses. La masse enfle. Les intrigantes visiteuses se propagent.

Il ne s’agit plus d’opérations sporadiques, mais d’une véritable guerre d’usure.

Le monde des mouches pratique toutes formes d’attaques et il s’agit ici d’une prise prolongée du terrain.

Elles entrent par les cheminées, les trous de serrure, les interstices des portes et des fenêtres. Les envahisseuses s’infiltrent partout, se rassemblent par centaines, tombent dans les soupes, les sauces, chassent les invités, provoquent des crises de nerfs et imposent même le silence.“certains soirs, dira Lucius, on ne peut même plus parler. Les mouches entrent dans la bouche.”

  

Un détail/2011/plâtre, bois, insecte

blog emeline

blog01

 

 

Nolwenn Guérin

D’abord très attirée par le milieu aquatique, je photographie sous l’eau.  

Je photographie les déformations, les couleurs, les reflets, les brillances, les scintillements. L’univers mouvant, flottant et instable m’attire J’y passe de longs moments pour l’observer, m’en imprégner, m’émerveiller. Tout bouge. C’est fascinant. Ne pas pouvoir arrêter ces mouvements constants. Chaque instant est différent. Chaque seconde éphémère. On ne peut pas arrêter les vagues ni les courants de la mer. On ne peut pas figer les effets d’une éclaboussure. On ne peut pas arrêter le temps pour l’observer. C’est ce qui devrait me paraître frustrant mais qui m’impressionne. Me fascine.  

Alors, j’ai la volonté de figer les mouvements. Leur capture devient artificielle, irréelle, intemporelle et éphémère. Je tente d’arrêter le temps pour l’observer. Photographier pour figer le mouvement. L’appareil photo me donne la possibilité de voir quelque chose que je ne pourrais jamais saisir à l’oeil nu. Une possibilité de regarder un instant d’une succession de mouvements. 

A vouloir figer les mouvements pour pouvoir les contempler il manque finalement un élément. Il manque une présence, une matérialité. Une mobilité.

Comment matérialiser le mouvement? le sentir des yeux? Sentir les couleurs rouler, les lumières bouger, les formes se transformer et évoluer? Je tente de les trouver dans des sujets immobiles. Les filmer à l’aide de mouvements. Je tente de rendre aquatique ce qui ne l’est pas.

Mes images s’inscrivent dans un aller-retour et une corrélation entre l’immobilité et le mouvement.


Vague/82,2 x 61,67 cm, 2011/impression jet d’encre

blog nolwenn

blog03

 

 

Olivia Gras

Il y a action de l’intérieur.

Et celle de l’extérieur.

Il y a les attributs de l’action intérieure.

Et il y en a aussi pour celle de l’extérieur.

Il y a le passe temps pour elle.

Et il y a l’activité pour lui.

Il y a stéréotype masculin.

Et les stéréotypes féminins.

Il y a des stéréotypes du passe temps de l’intérieur.

Et il y en a tout autant pour l’action extérieure.

Il y a des actions stéréotypées.

Mais y a-t-il des passe-temps du stéréotype?

Il y a la fierté et il y a la culpabilité.

Il y a la mort, mais y a-t-il de la cruauté?

Il y a la rapidité d’un coup de feu.

Et il y a la patience du point de croix.

Il y a transmission de savoir.

Et il y a tradition du geste.

Il y a le féminin et la sensualité.

Et il y a le masculin et la sexualité.

Il n’y a pas de dualité, il y a juste des liens.

Il y a des oppositions pour une meilleure hybridation.


Sans titre / céramique, peau de lièvre / 2011

blog olivia

blog02

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Laura Hernandez Garcia 

 Sustituto est une pièce sur laquelle j’ai commencé à travailler peu de temps après mon arrivée en France. La séparation d’avec mes proches m’a poussée à chercher une manière de remplir cet espace vide et de renouer un contact perdu. À travers un geste simple, presque anecdotique, j’ai renoué un dialogue grâce à la matière. Cette série de photographies présente une séquence, entre le corps et la matière, comme une métamorphose. Cette personnification de la matière m’apparaît comme rituel et me permet de recréer un contact ou palier une absence.


Sustituto/110 cm x 20 cm x 6 cm, 2011/ Photographie numérique

blog laura

 

 

Guillaume Lepoix

Mon travail tourne autour du rapport au monde d’une génération qui est la mienne, c’est à dire de personnes nées en même temps que l’aire “virtuel”, qui grandissent avec elle, et sur ce que cela engendre comme point de vue vis à vis du monde et sur la nature de notre présence. 

Dans la plupart des mes travaux et donc dans celui-ci aussi, j’interroge cette présence par la confrontation entre des objets à caractère virtuel insérés dans un contexte réel. Cette intention (celle de vouloir insérer de la réalité dans des entités fictionnelles) est, il me semble, inverse à la tendance naturel et permet de créer un croisement, une superposition entre ces deux dimensions. C’est donc cette «zone de frottement” qui m’intéresse, cette jointure. 

“Ne cours pas après la poésie, elle pénètre toute seule par les jointures (ellipses).”  

Robert Bresson, Notes sur le cinématographe. 

Dans cette sculpture j’ai utilisé comme base un modèle virtuel polygonal dont j’ai souligné le «squelette» avec des branchages morts. Ainsi des objets concrets, voir archaïques, permettent de rendre visible dans l’espace, palpable et odorant un objet qui est à la base totalement déconnecté de ces sensations. Sa nature virtuelle est rappelée par le fait qu’il flotte dans l’espace, qu’il ne repose sur rien comme étant affiché dans l’espace de l’écran. Mais cette virtualité originelle permet aussi, par ses caractéristiques de construction (polygones), au personnage de se rendre présent au monde avec toutes ses contraintes, sa fragilité ; voir même sa combustion potentielle. Affirmer une présence aussi par le risque. 

  

Escamotage / 2011/ bois mort, colle

blog guillaume

 

 

Adelaide Lerouge

Nuit. 

“ Dessiner, c’est essayer, chercher, ramasser, jouer, rappeler, se souvenir, inventer ”  

Silvia Bächli 

J’essaie, je m’adapte, je supporte, je trace, j’assemble, je gère la surface par le trait m’accommodant de sa prolifération et de son besoin intempestif d’expansion. Il n’y a pas de fin, ni à mon geste, ni à mon dessin: chacun de ces petits traits se répètent , se regroupent, formant un ensemble né par ce bref mouvement, répétitif, automatique, jouant du noir sur du blanc et du blanc avec le noir. J’oublie le temps qui passe et je ferme les yeux sur mon espace, une fois ré-ouvert je vois. Il y a des noirs fins, qui assemblés se dissolvent en un gris foncé jouant de légères volutes et il y a des noirs épais uniformes de surface. Il reste alors une trace, une masse, un dessin. Une bête indomptée qui englouti son environnement. Je montre la nuit à travers mon crayon. 

     

Nuit / 24x32cm, 2011/ Encre sur papier calque 

blog adelaide

blog04

 

Xiangyan Liu

“Voir le monde en un grain de sable 

Voir un ciel en une fleur de champs 

Retenir l’infini dans la paume des mains 

Et l’ éternité dans une heure

William BLAKE, 1ère partie de Augures d’innocence.

Ce poème représente des sources de mon travail. Il traduit les liens possibles entre l’homme et la nature, le proche et le lointain, l’instant et le mouvement qui donnent un sens d’unité au monde.

La nervure est comme une identité de la feuille, par le toucher, on peut la reconnaître.

La carte est comme une identité de la ville, par la marche, on peut la reconnaître aussi.

Je voudrais mettre en lien la ville et la nature par leur analogie de forme. Je souligne leur trace. Cela me donne une ville imaginaire qui ne représente pas celle d’aujourd’hui, si artificielle, absente de toute poésie.

Je réalise des photographies dont la plupart sont en noir et blanc. À cela, j’ajoute un cadrage simplifié afin de créer un espace de rencontre entre l’illusion et le réel. Je prélève des images d’ éléments trouvés dans la ville. Ainsi, je les classe dans des carnets comme une sorte de collections de signes urbains. Il y a des tickets de bus, de télécabine, mais également du végétal, des fleurs et des herbes... Des choses qui semblent abandonnées, livrées à leur solitude. Chaque image témoigne de la rencontre entre la nature et la ville qui sont de véritables instants de poésie.

 

Voir le monde en un grain de sable / Fragment de maquette (89x89x127 cm), 2011/ photographie numérique

blog liu

 

 

Coralie Moser 

Tamponner,

Tamponner, trier,

Tamponner, trier, classer,

Tamponner, trier, classer, archiver,

Tamponner, trier, classer, archiver, somnoler,

Tamponner, trier, classer, archiver, somnoler, s’évader,

“L’absurde naît de la confrontation de l’appel humain avec le silence déraisonnable du monde.

Albert Camus, Le mythe de sisyphe

Comptable de formation, le monde bureaucratique est l’objet de mes recherches.

Je collecte les fournitures de bureau, objets de mon quotidien professionnel : classeurs, téléphones, tampons, ciseaux, élastiques, attaches croisées...

Je les trie, les manipule, les étudie puis les assemble afin de leur donner une fonction autre.

Ces matériaux accumulés forment alors de petits habitats individuels, «lieux-refuges» dont l’architecture est directement inspirée du milieu naturel ou humain : igloo en feuilles plastifiées, immeuble en classeurs, toile d’araignée en attaches croisées...

Ils deviennent alors, Espaces de repli imaginaires et imposent l’idée de clôture spatiale et de suspension temporelle.

 

 

857.../2011 /croquis sculpture réalisée en attaches croisées

blog coralie

blog07


 

Maud Poulain

Je regarde, j’identifie la façade du commerce fermé. Je l’observe, l’évalue, puis la photographie. Ensuite, je la dessine en recadrant l’image.

Je la multiplie et fabrique un dispositif en volume. Je réitère le processus jusqu’à créer une collection d’images.

Je photographie les façades de ces lieux clos pour les garder en mémoire.

Ces lieux vides sont victimes d’un décès, d’une retraite ou d’une délocalisation, d’une mauvaise saison, ou encore d’une mauvaise gestion, d’une cessation d’activité. Pour toutes ces raisons, ces sites sont ainsi abandonnés et ne sont plus sur le devant de la scène.

Ce repérage photographique permet d’opérer un choix premier, de cadrage et de mise en scène, retranscrit ultérieurement en dessin. Dans un deuxième temps, je dessine sur des petits formats papier d’après le document photographique afin de sélectionner les couleurs et les rehausser de pigments saturés. J’épure par de grands aplats mon image en soustrayant les détails superflus susceptibles de nuire à sa lecture.

Afin d’opérer un changement d’échelle, j’utilise une bâche micro perforée initialement destinée à recouvrir les bâtiments en cours de rénovation.

Pour certaines toiles, l’utilisation de la bombe de peinture en aérosol me permet de contrôler les dégradés et les aplats de couleurs en référence à la technique de l’Art urbain ou Street Art, le Graffiti.

Le mot tag signifie marque d’identité, nom et surnom, immatriculation.

C’est la marque du lieu que je veux faire ressortir. (Logotype)

Afin d’insérer ces peintures en grand format dans l’espace urbain, j’utilise les techniques du décor de théâtre en montant la toile sur des châssis à béquille. Ce geste de confrontation entre la peinture, son support et sa facture, et l’espace réel de la rue affirme ma volonté de redonner une place initiale à ces façades

 

Cessation d’activité /40x38 cm, 35x35 cm, 2011/Toile micro perforée, acrylique, bois

blog maud

 

 

Emmanuelle Vennel

La blessure est parfois une mesure radicale.

Poster devant le garage qui, d’habitude a un bleu et un rouge éclatant, mon corps ne bouge plus et me ressassant maintes et maintes fois cette plaie proche, ouverte et vive…

Les voitures passent, klaxonnent pour laisser place, ne m’importunent pas.

J’entre dans l’atelier où l’odeur d’huile de vidange chaude et de graisse ma rappellent tous les bons moments passés avec lui.

Lui mon grand-père.

Cinq ans où nous nous sommes beaucoup vus, notre conversation épanouie et constructive qui s’écoule comme le liquide fuyant d’une durite percée.

Ces masques, heaumes sont les témoins des coiffures que j’ai porté de son vivant.

Composition

 

détail de la série Autoportrait de la mécano dimensions variables, bande de plâtre, plâtre et bois 2011

blog emmanuelle

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